Le repaire du Daimaô

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Glossaire

Perception existentielle

La perception de chaque être vivant n’est pas « objective » et « désintéressée » : elle tourne autour de son existence (et a fortiori son existence actuelle). Ce qui est traité, ce qui est ignoré, ce qui est important, ce qui ne l’est pas : tout cela est déjà défini par le cadre perceptif, par la façon initiale de voir les choses. Chez les êtres disposant de capacités cognitives évoluées, la perception existentielle n’a par la suite de cesse de se spécialiser et se respécialiser : ce qui est représenté, ce qui « existe », est très spécifique à l’individu tel qu’il est actuellement (même si on ne le réalise pas en tant qu’individu). Le monde dans lequel un individu vit est une abstraction propre à lui même.

La perception existentielle fait qu’il est théoriquement tout à fait possible pour un individu de vivre et se développer sans jamais prendre conscience que sa perception est existentielle, càd sans se questionner sur son existence, sans prendre du recul sur la vie, etc.

 

Chaque individu et chaque espèce a son propre niveau d’abstraction du monde. Pour nous, c’est le niveau humain.

Extrait du chapitre 6 à propos de la perception existentielle :

Ce système de « sens fonctionnel » consiste à transformer l’immense quantité d’informations du monde pour qu’elles soient « pratiques » par rapport aux rôles de l’individu : il faut s’assurer que certaines informations soit traitées par l’individu et dans une moindre mesure que d’autres ne le soient pas. Il s’agit de créer une perception centrée sur le composant (càd l’espèce à laquelle il appartient) et non sur le système entier (càd le monde). Chaque être vivant a une vision très abstraite du monde, une vision centrée sur lui même : ses sens, ses besoins, etc. Un être humain ne perçoit pas le monde comme un escargot ou comme une mouche : chacun a son monde propre (cf concept d’Umwelt), seul et unique. Ces systèmes guident et cadrent l’existence en mettant une valence arbitraire sur les choses (~ absence de raison) : telle chose est bonne, telle autre est mauvaise, c’est comme ça. Guidé et influencé depuis la base, l’individu se sent autonome et à sa place, ne se sent pas esclave de quoi que ce soit, mais fait quand même fonctionner le système global. Il ne se rend compte ni de son rôle ni de son cadre fonctionnel (car c’est le seul dont il fait l’expérience).

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