Le repaire du Daimaô

It's like a mystic cave. But in the world wide web.

Glossaire

Induction

Extraction d’une connaissance générale par accumulation d’expériences particulières. Autrement dit c’est ce qui permet d’engranger de la connaissance sur le monde (~ sagesse) par la simple expérience des choses. En effet, même dans la passivité (observation, écoute), l’exposition entraîne une interprétation. C’est à dire que pour avoir un minimum de sens, les choses perçues sont comparées et appariées à ce à quoi elles ressemblent dans notre mémoire. Avec le temps, les similarités vont donc « s’entasser » ensemble et représenter une connaissance générale1.

Ainsi, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il s’agit d’un processus d’assez bas niveau. L’induction est permanente et continuelle (cognition inconsciente) et ne demande pas d’effort conscient : l’extraction de la connaissance se fait de manière accidentelle (on apprend sans le faire exprès). C’est ainsi la principale source d’apprentissage, et c’est notamment comme cela que les bébés acquièrent toutes leurs connaissances, dont le langage.

L’induction prend une grande part dans la clarification et le renforcement d’intuitions. Étant un processus permanent et longitudinal (~ qui s’étale dans le temps), elle peut porter ses fruits sur le très long terme (thread, évolution2). On commence avec des idées vagues, et plus le temps passe, plus les idées se clarifient (développement petit à petit, les choses se dessinent et se révèlent petit à petit).

 

L’induction prend également une grande part dans le raisonnement (un apprentissage pouvant être de toute manière vu comme un raisonnement plus ou moins simpliste) : en tournant un problème dans tous les sens, on ne fait que l’interpréter sous différents angles, et par conséquent entasser les informations en points importants, càd relever les points concordants (qui vont eux même permettre d’interpréter le problème sous de nouveaux angles, l’induction pouvant entraîner des réactions en chaîne sur plusieurs niveaux). Autrement dit le simple fait d’essayer de résoudre un problème (même s’il nous apparaît insoluble) augmente notre capacité à le résoudre et nous approche de la solution. La solution pouvant ainsi s’apparenter à une connaissance « parfaite » du problème !

 

Techniquement l’induction consiste en une succession d’abstractions (isolantes et agglomérantes).

L’induction est un type d’inférence.

 

Notes :

1 : une connaissance générale n’est pas une vérité mais une généralisation (pouvant être « vraie » ou « fausse »).

2 : En effet, l’induction pourrait, inconsciemment, être à la base de l’appréciation. Ainsi les hommes apprécieraient les formes des femmes (hanches, poitrine, etc) et les femmes la musculature des hommes parce qu’ils ont, à répétition au cours de l’histoire de l’espèce, été associés à des choses « positives » pour la survie (fertilité, force protectrice, etc). Nous hériterions ainsi du résultat de certaines inductions de nos ancêtres, résultats qui seraient plus ou moins renforcés à chaque génération, et qui formeraient la base de notre appréciation. L’appréciation serait ainsi une sorte de raccourci permettant de simplifier la vision du monde : on ne fait pas le lien entre les traits d’une dimension (formes, musculature, …) et de l’autre (fertilité, force protectrice, …), on apprécie directement sur la base de la première.

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